Les Fruits de nos résistances
Sacrés "tour de France des tribunaux" en 2005, pour une lutte légitime.
De Riom à Clermont-Ferrand, de Toulouse à Grenoble, de Lille à Orléans pour en finir à Versailles ; " Nous ne serons plus jamais des Versaillais " C'est à voir !
Dans ce parcours, dix années de combat, résumées dans sept juridictions, nous sommes passés de l'illégalité à la légitimité pour faire reconnaître enfin l'état de nécessité.
Une reconnaissance, en tant que syndicat, avec d'autres, divers collectifs, voire même des associations de bienfaiteurs, tous ensemble « apprendre à désobéir » quand les pouvoirs accompagnent à l'aide des lois, l'intérêt particulier au détriment des intérêts collectifs.
Quelle victoire, ressemer pour faire évoluer les pensées, désobéir pour un autre avenir dans un monde fini ou le progrès se croit infini !
En 2003, mille résistances en France, des jeunes devant les tribunaux, des manifestations de soutien devant les préfectures, des milliers de personnes ont joué du « Tam Tam », enfin le Comité national de la Confédération paysanne, au nom de son syndicat, a neutralisé un essai d'OGM du Geves à Guyancourt.
Aux OGM, nous tous, avons opposé et revendiqué, que dans nos assiettes il y a notre existence, dans les paysages que vous contemplez, notre présence : nous paysans.
Après Orléans, le 12 janvier 2006, le Tribunal Correctionnel de Versailles a reconnu l'état de nécessité dans lequel se trouvait la Confédération paysanne face au danger que représentent les disséminations des OGM. De plus, en relaxant 9 confédérés, en déboutant l'État, les tribunaux nous légitiment dans notre combat de défense des droits collectifs paysans sur les semences et le vivant. Les verdicts prononcés au cours de ces procès nous renforcent dans notre défense et notre stratégie juridique, entendues par les juges, en mettant à jour les controverses scientifiques.
Rapidement, forts de ces victoires nous devrons, à la veille d'un projet de loi, nous faire entendre par le politique, l'action, les mobilisations fortes, le droit, tous nos atouts pour convaincre.
Si la capacité collective à affronter l'avenir avance, c'est grâce à nos actions pour la qualité du débat démocratique, le politique se doit d'entendre, afin qu'aucun militant syndical soit condamné pour une Europe sans OGM.
La loi, dictée par et pour les intérêts des sociétés dites de bio-technologie, rédigée dans l'ombre et à la hâte, sous la pression d'amendes financières importantes et dans un agenda politique particulier, dévoile le jeu de nos gouvernants.
Pour répondre à l'accompagnement des nouveaux « colonisateurs » du vivant par la loi, par les dictats des disséminations et les guerres alimentaires qui se profilent au profit de quelques marchands sans scrupules : investissons Sénat et Parlement afin que la volonté du peuple et des paysans soit enfin entendue, nous saurons mettre nos parlementaires devant leurs responsabilités.
Nous, Paysans, prenons nos les nôtres, à vous parlementaires de prendre les vôtres !
- À vous d'utiliser l'article 23 de la directive 2001/18/CEE qui permet à chaque État européen de refuser la commercialisation d'OGM sur son territoire, lorsqu'il y a des éléments prouvant des risques pour la santé ou pour l'environnement.
- À vous d'instaurer la protection des systèmes agraires existants en application du principe de précaution pour l'exercice des paysans, pour l'environnement et la biodivsersité.
- À vous d'instaurer le vivant bien commun et non son appropriation.
Toutes ces revendications justifient un « moratoire » afin de faire reconnaître l'impossible coexistence.
Sans cela nous saurons nous fédérer en association de bienfaiteurs, pour l'autodétermination des États et des régions, prendre une fois de plus la clef des champs, en neutralisant les fruits de nos colères.
Olivier Keller
Edito extrait de la Lettre des paysans