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Le Cncr soupçonne une machination politique de l’Etat

Da: www.sudonline.sn

Le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr) n’apprécie pas l’attitude de l’Etat suite à la signature du pacte sur le Programme national d’investissement agricole (Pnia) par le syndicat unique agricole. Cette organisation qui se dit apolitique et se veut un mouvement social, voit à travers cet acte de l’Etat une « machination politique » pour l’écarter des instances de décision dans le secteur de l’agriculture.

Le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr) dénonce le pacte signé sur le programme national d’investissement agricole signé par le syndicat unique agricole dont le bureau n’a pour l’instant qu’un caractère provisoire. Il l’a fait savoir avant-hier, samedi 13 février lors d’une conférence de presse tenue dans son siège à Dakar. Cette organisation la plus représentative du monde rurale qui se dit apolitique et en tant que mouvement social, soupçonne une machination politique de l’Etat pour l’écarter des instances de décision dans le secteur de l’agriculture.

Ses responsables qui ont fait face aux journalistes ont exprimé leur désapprobation par rapport à l’attitude de l’Etat dans cette affaire. Ainsi, ils dénoncent avec la dernière énergie la décision prise par l’Etat de faire signer le pacte national par le syndicat unique agricole. Selon eux, lors de la dernière rencontre concernant le Programme national d’investissement agricole (Pnia), il y avait une partie qui était réservée aux organisations agricoles et c’était à elles qu’il revenait le droit de signer l’aspect concernant les producteurs. Les responsables du Cncr précisent qu’au fonds, les organisations légalement constituées devraient élire en leur sein une structure à la tête de laquelle un président serait chargé de signer cet acte. A leur grande surprise, « tel n’a pas été le cas parce qu’on a tout simplement donné au syndicat unique agricole de signer un acte qui ne lui revenait pas de droit ».

Le Cncr a tenu à faire remarquer qu’actuellement le syndicat agricole n’a qu’un caractère provisoire du moment qu’il est dirigé par un comité provisoire. Ce qui permet aux responsables du Cncr d’estimer que « cette structure n’a pas les capacités juridiques requises pour procéder à de tels actes ».Ils voient ainsi à travers ce geste une volonté de l’Etat de les écarter des décisions qui relèvent de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. Devant cet état de fait, cette organisation de ruraux appelle l’Etat à de meilleurs sentiments parce que pour elle : « le pacte national signé par le syndicat agricole n’a aucune légalité ».

Il faut faire remarquer que ce pacte signé par le syndicat agricole engage le Sénégal dans tout ce qui touche les problèmes agricoles au niveau de la Cedeao. Certains observateurs voient à travers ces tractations, les conséquences récoltées par le Cncr suite à sa participation aux Assises nationales.

Le Trésorier du Fongs membre du Cncr, Abdou Aziz Badji, affirme : « Je ne pense pas qu’une organisation provisoire puisse être légale au point de pendre un engagement à la place de celles qui sont reconnues légalement par la même autorité. Par rapport à la façon de faire du gouvernement ça semble être un acte légal mais nous, on condamne cet acte au départ en tant que société civile ». Se focalisant sur le processus de signature et de création de syndicat, M. Badji considère que : « c’est politique en plus on n’a pas encore installé un syndicat mais le jour où cela sera officiellement fait nous allons donner notre appréciation ». Sur cette même lancée, le président d’honneur du Cncr, Mamadou Cissokho dénonce, par ailleurs, la tentative de discorde semée par le gouvernement au sein des membres de l’organisation paysanne.

Aliou Dia réclame la légitimité du syndicat unique agricole

Le chef de la cellule de communication du syndicat des agriculteurs, éleveurs et pasteurs, Aliou Dia, pense que ce Syndicat à toute la latitude de signer un pacte nationale parce qu’il a déjà reçu son récépissé. Selon lui, « ce syndicat a été mis sur pieds le 7 septembre à Thiès avec l’ensemble des acteurs du monde rural et le président Mamadou Sall a été élu président ».A son avis, « ce syndicat qui vient de recevoir son récépissé a aujourd’hui la latitude de faire le tour du Sénégal pour annoncer sa naissance et pouvoir faire militer toutes les organisations paysannes à savoir les pêcheurs, les paysans et les pasteurs ». Il a rappelé l’objet de la table ronde sur l’investissement agricole qui, selon lui, était de faire savoir que le financement de l’agriculture nécessite la participation de l’Etat, des privés, la société civile et des organisations paysannes. Il souligne que « le syndicat a eu l’honneur de signer ce pacte au nom de toutes les organisations paysannes.

C’est ainsi qu’il va faire une tournée au niveau national pour d’abord sensibiliser toutes les organisations paysannes afin que l’Etat donne son accréditation à ce syndicat et qu’il trouve un seul interlocuteur qui sera capable d’exprimer les aspirations du secteur du monde rural afin que des solutions durables soient trouvées pour une agriculture moderne ».

Note introductive [135.8KB]

Déclaration conférence de presse [169.3KB]